Cauda Draconis en Géomancie : La Queue du Dragon et la Fin des Cycles
- Jérôme Cheval
- 18 déc. 2025
- 5 min de lecture

« Nul ne renaît sans avoir d’abord accepté de se dépouiller. »
— Maxime hermétique médiévale
Troisième figure du cycle géomantique, Cauda Draconis — la Queue du Dragon — marque la fin d’un cycle et le commencement d’un autre. Elle incarne la dissolution, la libération et les clôtures nécessaires à la transformation. Figure de l’ombre et du passage, elle nous confronte à la nécessité du détachement, à la sagesse des fins et à la renaissance cachée sous les apparences de la chute.
Cauda Draconis en géomancie : la figure de la fin et du renouveau
Dans le langage symbolique de la géomancie, Cauda Draconis en géomancie représente la Queue du Dragon, point terminal de l’orbite lunaire. Son opposée, Caput Draconis (la Tête du Dragon), annonce les commencements ; Cauda, elle, clôture les cycles.
Formée de lignes inversées de Caput Draconis, elle manifeste une énergie descendante : celle de la décomposition, du retour à la terre, de la restitution à l’invisible.
C’est une figure d’achèvement, d’épuration, parfois de perte, mais toujours d’évolution intérieure.
Dans un tirage, Cauda Draconis évoque la fin d’une situation, un détachement karmique, la nécessité de laisser mourir ce qui n’a plus lieu d’être.
Elle ne détruit pas pour punir, mais pour purifier.
Sa puissance est celle du serpent qui mue, du feu qui consume les anciennes formes.
Ce que Cauda Draconis retire, elle le restitue à la Source.
L’esprit de Cauda Draconis : l’art de mourir à soi-même
Sous la régence de Mars et de l’élément Feu, Cauda Draconis agit comme un passage initiatique.
Elle brûle les illusions, arrache les racines anciennes et oblige à se réinventer.
Là où Populus invitait à la réceptivité, Cauda enseigne le renoncement.
Elle parle du courage de perdre, de la sagesse de l’abandon, de la force du vide.
Son énergie est âpre mais juste : elle met fin à ce qui entrave la transformation.
Sur le plan spirituel, elle marque une mue karmique : quelque chose se termine pour permettre la renaissance.
Sur le plan affectif, elle évoque des séparations, des désillusions nécessaires, ou la fin d’un attachement.
Sur le plan matériel, elle prévient les pertes et incite à purifier, à se libérer du superflu.
Sur le plan intérieur, elle demande de lâcher les anciennes identités, les anciens rôles.
Là où la Queue du Dragon passe, la terre se vide pour accueillir la semence d’un nouveau monde.
Cauda Draconis dans les Maisons du Blason : le passage des portes
Maison I — Vita : la fin d’un cycle personnel
En première maison, Cauda Draconis annonce une transformation profonde de l’identité. Une phase se termine : il est temps de changer de peau, de vocation, ou de regard sur soi.
Maison II — Lucrum : les biens et les ressources
Des pertes matérielles ou financières sont possibles. Cauda invite à se détacher des possessions, à redéfinir la valeur réelle de ce que l’on garde.
Maison III — Fratres : la communication et l’esprit
Une rupture dans la communication, une amitié qui s’éteint, ou un changement de pensée radical. Il faut laisser mourir certaines idées pour penser autrement.
Maison IV — Genitor : le foyer et les racines
Cette position signale un grand nettoyage du passé : secrets, rancunes, mémoires familiales. Cauda purifie la lignée. C’est parfois un départ du foyer ou un changement de lieu.
Maison V — Filii : la créativité et l’amour
Fin d’une histoire, ou détachement d’un rêve ancien. Mais aussi libération : c’est la possibilité de créer autrement, avec une énergie régénérée.
Maison VI — Valetudino : la santé et le travail
Épuisement, besoin de coupure. Cauda demande de mettre fin à un rythme usant. Parfois, elle annonce la guérison par le lâcher-prise.
Maison VII — Uxor : les alliances et les partenariats
Une relation arrive à son terme, ou se transforme profondément. Si elle survit, c’est sur de nouvelles bases. La vérité, ici, s’impose sans ménagement.
Maison VIII — Mors : la transformation et l’invisible
Maison d’affinité parfaite pour Cauda Draconis. C’est une renaissance à travers une mort symbolique. Initiation, fin karmique, révélation spirituelle.
Maison IX — Peregrinationem : la quête et le voyage
Fin d’une croyance, d’une vision du monde, d’une illusion spirituelle. L’âme se dépouille pour mieux comprendre la réalité.
Maison X — Regnum : la vocation et la reconnaissance
Un cycle professionnel ou social s’achève. Il faut accepter la fin d’une position ou d’un statut pour préparer la prochaine ascension.
Maison XI — Amicii : les amis et les espoirs
Des liens se rompent, des projets s’éteignent. C’est le moment de faire le tri. La véritable amitié, comme la véritable foi, survit à cette épuration.
Maison XII — Inimicii : les épreuves et la libération
C’est la dissolution complète de l’ancien soi. Une guérison par le vide, une solitude libératrice. La paix revient après le chaos.
Cauda Draconis dans les Figures Finales : la purification du destin
Témoin de gauche (le passé)
Le consultant quitte une période difficile, chargée de dettes karmiques. Ce qui s’achève ici devait être compris et purifié.
Témoin de droite (le présent)
Une transition est en cours. Le destin pousse à fermer les portes, même si l’on résiste encore. Le moment exige lucidité et détachement.
Le Juge
Lorsque Cauda Draconis devient Juge, la réponse est nette : la fin est nécessaire. Ce qui se termine prépare un renouveau, mais il faut accepter la perte avant de voir la lumière.
La Sentence (Subjudex)
Dans la Sentence, Cauda clôt véritablement le cycle. Le karma se libère. Ce qui meurt ici ne reviendra pas, mais son essence nourrit le futur. C’est le symbole de la renaissance prochaine.
L’enseignement initiatique de Cauda Draconis : la libération par le dépouillement
L’enseignement de Cauda Draconis est radical : rien ne dure, et c’est là que réside la liberté.
Elle n’enseigne pas la mort, mais la métamorphose.
Elle apprend à faire confiance au vide, à ce moment suspendu où tout s’effondre pour tout recommencer.
La fin n’est jamais une chute. Elle est la dernière porte du temple, celle qu’on traverse pour renaître ailleurs.
Là où l’ego voit la perte, l’âme voit l’espace.
Là où la peur voit la destruction, la Terre voit la germination.
Cauda Draconis est la gardienne des fins justes : celles qui libèrent, purifient et redonnent souffle.
Le feu du renouveau
Figure du dépouillement, Cauda Draconis est la main du destin qui efface pour mieux réécrire.
Elle nous rappelle que toute fin, si elle est vécue consciemment, est déjà un commencement.
Lorsqu’elle apparaît dans un tirage, elle ne demande pas de résistance, mais de confiance.
Elle nous apprend à dire adieu — non par résignation, mais par amour du mouvement de la vie.
Rien ne se perd, tout se transforme.
Et la Queue du Dragon veille sur le seuil de la renaissance.



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